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Les leviers du marché des médecines naturelles en pharmacie


Alternatives aux médicaments traditionnels, les médecines dites naturelles, comme la phytothérapie et l’homéopathie séduisent une part croissante du public qui trouve dans ces disciplines des solutions de santé quotidiennes sûres et efficaces. Le public les demande, les pharmaciens les intègrent dans leur conseil, les médecins y trouvent des solutions alternatives… Les thérapies dites naturelles sont plus que jamais dans l’air du temps. Présentes sur des segments majeurs de l’OTC, elles nécessitent cependant des connaissances solides pour pouvoir être utilisées sous formes unitaires.

Si l’on considère les médecines naturelles comme l’ensemble des moyens thérapeutiques excluant les molécules de synthèse et si l’on entend par moyens tout produit visant à améliorer la santé de l’individu, la définition du sujet sera très large.

Elle englobera bien sûr la phytothérapie et l’aromathérapie, qui se fondent sur l’utilisation des plantes, mais aussi l’homéopathie, dont les teintures mères sont généralement d’origine végétale, la nutrithérapie et ses nombreux complexes de vitamines naturelles et minéraux, ou encore l’oligothérapie, basée sur l’action des éléments-traces.

La gemmothérapie qui exploite les bourgeons de plantes, pour sa part, ferait l’objet d’une demande croissante, comme le prouve le développement de la gamme de 25 macérats glycérinés de bourgeons élaborée par les Laboratoires Diététique & Santé.

Dans leur définition la plus stricte et la plus concrète, cependant, les médecines naturelles doivent s’envisager sous un angle thérapeutique, soit celui des médicaments à base de plantes ou de substances produites par la nature.

Dans ce domaine, deux disciplines dominent le marché. La première, qui s’impose d’elle-même, est la phytothérapie. Présentée le plus souvent sous forme de gélules de plantes unitaires, elle peut aussi prendre l’aspect de sirops, ampoules ou tisanes et abriter des complexes de plantes.

En croissance de 4 % en valeur, le marché s’appuie, pour une part, sur des gammes ancrées dans le champ des traitements issus des plantes (Arkogélules chez Arkopharma, gamme de phytothérapie en gélules Naturactive ou encore les Phytostandards unitaires et duos chez Pileje pour les compléments alimentaires…).

Un quart des Français

Le marché bénéficie peut-être aussi d’une tendance au naturel qui distingue des segments comme celui des tisanes et infusions (Iphym, Médiflor/Merck Médication Familiale, Super Diet, Tisane Provençale, Laboratoires Diététique & Santé), celui de l’aromathérapie (Puressentiel, Phytosun’Arôms…) et met en avant des spécialités OTC comme Euphytose (Bayer Healthcare), Antistax (Boehringer Ingelheim), la gamme Jouvence de l’Abbé Soury (Oméga-Pharma)…

« Les indications les plus investies en phytothérapie sont le stress/sommeil, les douleurs articulaires, les troubles digestifs et les problèmes ORL, détaille Claire Boivin, directrice marketing chez Arkopharma. C’est un marché qui gagne en importance aux yeux des consommateurs qui s’orientent vers des formules naturelles, sûres, sans effets secondaires. »

Ainsi, selon l’étude Ipsos/Arkopharma 2015, un quart des Français déclare avoir recours aux médecines naturelles. Leur premier achat intervient entre 30 et 31 ans généralement au cours d’une période émotionnellement difficile ou pour répondre à un problème de santé qui perdure. Le conseil du pharmacien oriente le choix de 50 % des interviewés qui agissent aussi sous l’influence du bouche-à-oreille, le médecin arrivant en troisième position.

Leurs critères d’achat privilégient la naturalité (74 % des réponses) avant l’efficacité (67 %) et l’absence d’effets secondaires (59 %). Quant au circuit d’approvisionnement, la palme revient à l’officine qui recueille 80 % des voies devant les magasins bio avec 34 % des suffrages, la grande distribution et le circuit Internet étant respectivement cités à hauteur de 21 % et 16 %.

« Le développement du marché s’appuie sur différents leviers dont le premier est l’innovation car le public recherche des produits plus performants en termes d’efficacité. La naturalité est bien sûr un critère de choix sur lequel il faut communiquer qu’il s’agisse des actifs, des excipients ou des contenants (enveloppe de la gélule). Enfin, il existe une forte demande d’accompagnement émanant des pharmaciens mais aussi des médecins qui sont souvent en recherche de formules naturelles qui puissent se substituer à des molécules trop prescrites comme les benzodiazépines. »

Pour l’officine, l’intérêt que représentent les médecines naturelles ne fait aucun doute. En effet, 98 % des pharmaciens possèdent ou envisagent de mettre en place un espace dédié à ces disciplines et 36 % d’entre eux projettent de l’agrandir, selon une enquête de satisfaction Naturactive (août 2015).

Quant à la demande des consommateurs, Naturactive y décèle deux tendances, une recherche de solutions prêtes à l’emploi efficaces et rapides d’action, d’une part, le développement du « do-it-yourself » et la multiplication des protocoles pour composer soi-même ses préparations, d’autre part. À l’intention du pharmacien, le laboratoire préconise d’associer phytothérapie et aromathérapie dans le conseil ou par le biais de produits comme la nouvelle gamme de complexes phyto-aroma destinée à la sphère ORL qui associe extraits de plantes en gélules et capsules d’huiles essentielles.

La prescription prépondérante

Autre alternative à la médecine conventionnelle, l’homéopathie, n’est pas toujours classée parmi les thérapies naturelles. « Si nous avons bien sûr recours aux plantes pour fabriquer les teintures mères, nous utilisons également des substances d’origine minérale, animale mais parfois aussi chimique », explique Bénédicte Sagnimorte, directeur des relations professionnelles Boiron.

Mais avant tout, au sein du laboratoire, on ne considère pas l’homéopathie comme une médecine douce, bien que, contrairement à l’allopathie, elle ne soit pas fondée sur l’action d’un apport pondéral, source éventuelle d’effets secondaires et d’interactions médicamenteuses. « L’homéopathie peut engendrer des effets secondaires mais sans conséquences lourdes et il n’existe pas de contre-indication à son usage. »

Un avantage certain dès qu’il s’agit de traiter des patients fragiles et à risque – personnes âgées polymédiquées, femmes enceintes, bébés, sportifs. Les médecins généralistes homéopathes le savent puisque 80 % de leurs patients ressortent de leur cabinet avec une ordonnance de médicaments homéopathiques.

L’attitude des médecins allopathes est plus nuancée, certains classant la discipline imaginée par Samuel Hahnemann parmi les médecines douces, d’autres se méfiant des thérapies alternatives. « Pourtant, il y a une recrudescence du nombre des médecins qui entament une formation en homéopathie et on constate que les écoles accueillent de plus en plus de candidats. Les patients nourrissent cette évolution en demandant plus fréquemment des solutions homéopathiques. »

Ainsi, 50 % des Français de plus de 18 ans ont déjà eu recours à l’homéopathie (étude Ipsos, avril 2015) même si celle-ci ne représente que 2 % de la vente de médicaments (pharmacie de ville) en France. Sur ce marché, la part de la prescription est prépondérante puisqu’elle concerne 70 % des traitements homéopathiques.

L’OTC n’est que la partie la plus visible du marché même si elle abrite des références à forte notoriété : Oscillococcinum, Sédatif PC, Corizalia, Camilia, Stodal chez Boiron, L52, L72, Biomag Agrumes, Climaxol, Famenpax chez Lehning, Teinture mère d’Arnica Montana et Calendoron chez Weleda, Noctium chez Ferrier… Le laboratoire Gilbert, pour sa part, a présenté en avril dernier la gamme LG Homéo 100 % végétale comprenant neuf références d’homéopathie vouées à prendre en charge les maux du quotidien.

« Ces produits sont faciles à conseiller dans le cadre de pathologies courantes, leurs indications et posologies sont clairement indiquées sur les boîtes et ils répondent bien aux besoins d’efficacité et de sécurité émanant de la clientèle », remarque Bénédicte Sagnimorte. La majeure partie de l’offre est pourtant occupée par les présentations unitaires en tube granules ou dose globules que les laboratoires considèrent généralement comme le cœur de l’activité.

« Parmi elles, une vingtaine de formules unitaires peuvent être conseillées en toute tranquillité par le pharmacien. » Arnica Montana 9CH pour la petite traumatologie, Alium Cepa ou Kalium Bichromicum pour les rhinites sont quelques-unes des souches qui relèvent des trois grands domaines d’indication habituellement investis par l’homéopathie : les pathologies ORL, les troubles anxieux et le sommeil, les douleurs musculo-squelettiques. « Ils constituent 50 % des motifs de consultation chez le généraliste dans le cadre desquels l’homéopathie permet de limiter l’usage des antibiotiques et d’offrir une alternative aux molécules chimiques comme les benzodiazépines ou les AINS déconseillés en début de traitement. »

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